Interpellés pour des infractions routières, 75 jeunes burkinabè ont passé la fête de Ramadan autrement, selon les images diffusées par la télévision nationale, mardi 1er avril. Non ce n’est pas un poisson d’avril. Sanctionnés par des travaux d’intérêt général, ces gamins ont été conduits sur un chantier où ils ont participé au nivellement d’un tronçon de 500 mètres destiné à être pavé.

Acrobaties sur la voie publique, violations des feux tricolores et circulation à contresens… tels sont les errements dont se sont rendus coupables ces jeunes individus qui avaient érigé la chaussée en terrain de jeu. Mal leur en a pris. Ils ne sont pas près d’oublier cette journée où leurs frasques ont connu une issue amère. Tandis que leurs pairs se délectaient de plats fumants de riz gras, et se gavaient de poulets, eux retroussaient leurs manches et inhalaient la poussière du chantier.

Dans ce premier coup de filet, l’on dénombre 75 jeunes dont neuf filles. Cette grosse prise vient rappeler l’ampleur de l’irresponsabilité de certains Burkinabè, surtout des jeunes. L’incivisme n’a pas d’âge. Ces comportements, souvent motivés par une recherche d’adrénaline ou une volonté de bravade, mettent en danger non seulement la vie de ceux qui les pratiquent, mais également celle des autres usagers : piétons, automobilistes, motocyclistes. La voie publique n’est pas un terrain de jeu, et les règles de circulation ne sont pas de simples suggestions, mais des impératifs pour garantir la sécurité de tous.

Il est impératif que la route redevienne un espace de circulation sûr pour tous. Les acrobaties dangereuses et les infractions au code de la route ne sont pas des actes anodins, mais des comportements à risque qui peuvent avoir des conséquences tragiques.

L’initiative des autorités d’allier sanction et sensibilisation est un pas dans la bonne direction, mais elle doit s’inscrire dans une stratégie à long terme visant à inculquer à la jeunesse le sens des responsabilités et le respect des lois et de la vie humaine. Pour le prochain coup de filet, l’autorité doit s’attaquer à présent aux adultes qui, bien que n’ayant plus l’agilité nécessaire aux acrobaties, excellent dans la transgression des feux tricolores, le non-respect des panneaux stop, des passages piétons et l’usage intempestifs de leurs téléphones en circulation.

Ce type de travaux d’intérêt commun doit également être étendu aux auteurs des nuisances sonores et pollueurs de notre environnement. Quiconque souille le bitume de déchets plastiques, effectue des dépassements hasardeux ou se livre à des stationnements inconsidérés devrait connaître le même sort que ces jeunes. Ces individus pourraient donner un coup de main à la Brigade verte en nettoyant les routes ensablées par endroits, curer les caniveaux et nettoyer les retenues d’eau.

Au-delà de l’action répressive et de la sensibilisation qui s’en est suivi , une réflexion plus globale s’impose. Comment renforcer l’éducation à la citoyenneté dès le plus jeune âge ? Quels rôles doivent jouer les familles, les écoles, les leaders communautaires et les autorités pour inculquer le respect des règles et le sens des responsabilités ? Comment offrir des alternatives positives et encadrées à cette énergie débordante, notamment en détectant et en formant des futurs talents dans la discipline du motocross, pour les adeptes des cascades ? Chaque année à Saaba, de nouveaux talents se laissent découvrir.

En attendant, espérons que les travaux d’intérêt général infligés à ces jeunes Burkinabè vont éviter, ou à tout le moins de réduire, la récidive.

HFB

Lefaso.net

Source: LeFaso.net