Le président de la délégation spéciale de l’arrondissement 3 de Ouagadougou, Christophe Kaboré, accompagné de responsables de la SONABEL et de la SOPAFER-B, a effectué une visite de terrain dans les quartiers Nonsin et Rimkiéta.
Cette sortie vise à constater l’effectivité de la libération des emprises des rails et des poteaux à haute tension, après plusieurs mois de sensibilisation.
Depuis 2023, des campagnes ont été menées pour informer les populations occupant ces zones à risque des dangers encourus et de l’obligation de les libérer. Une dernière rencontre de sensibilisation, qui s’est tenue le 27 février dernier, donnait aux riverains un délai jusqu’au 30 mars 2025 pour quitter ces espaces.
Selon le président de la délégation spéciale de l’arrondissement 3 de Ouagadougou, Christophe Kaboré, la municipalité se réjouit de constater que les habitants ont majoritairement respecté ces consignes, ce qui va faciliter l’opération sans recours à la force.
« C’est avec satisfaction que nous constatons que ces occupants ont obéi à notre mot d’ordre. Ils nous ont accompagnés en libérant les lieux sans qu’il n’y ait trop de force. Et nous tenons à leur dire merci. Notre sortie de ce matin vise d’une part à constater l’effectivité des libérations et à évaluer d’autre part, en termes de logistique, les moyens à mettre en œuvre pour mener une opération de salubrité car si vous voyez toutes ces emprises qui ont été libérées, il y a encore des déchets, des ordures et des débris. Nous allons donc envisager dans les prochains jours une opération de nettoyage », a précisé le PDS.
Il a également rassuré que la mairie accompagnera les personnes concernées par le déguerpissement dans leur relogement.
Du côté de la SONABEL, le chef du département de transport, Mamadou Coulibaly, s’est dit satisfait du constat car il a rappelé que l’occupation anarchique de ces zones entravait les travaux de maintenance des infrastructures électriques, mettant en danger les riverains et l’ensemble du réseau.
« Nous constatons que les actions de sensibilisation ont porté leurs fruits, puisque beaucoup ont libéré les couloirs. Cela va nous permettre, en ce qui concerne la SONABEL, de mieux entretenir les lignes, car leur présence compliquait les interventions de maintenance. Selon les textes, l’emprise du couloir de la ligne est de 50 mètres, soit 25 mètres de chaque côté de l’axe de la ligne. Dans ce couloir, personne ne doit s’installer, car il faut respecter les normes de sécurité. Il est interdit de toucher un conducteur, même s’il est tombé à terre, car il peut toujours conduire le courant. Certains occupants étaient installés sous les conducteurs, à une hauteur dangereuse, ce qui les exposait à de graves risques que sont l’électrocution et les incendies. Si un conducteur tombe au sol, il peut provoquer un incendie à cause des herbes et des déchets inflammables présents aux alentours et cela peut embraser tout un quartier », a déclaré le chef du département de transport de la SONABEL, Mamadou Coulibaly.
Le directeur d’études et développement de la SOPAFER-B, Mohamed Derra, tout en manifestant sa satisfaction, a également souligné l’importance de cette initiative pour la sécurité ferroviaire. La réglementation, à leur niveau, exige aussi un périmètre de 25 mètres de part et d’autre des voies ferrées pour prévenir les accidents et protéger les installations.
« Nous nous réjouissons de cette initiative, qui est le fruit d’une sensibilisation menée depuis 2023. Aujourd’hui, voir ces emprises libérées est une avancée majeure, car cela répond à un double objectif qui est de respecter la réglementation et assurer la sécurité des personnes et des biens. Libérer les emprises garantit la sécurité des convois ferroviaires, mais aussi celle des personnes vivant à proximité. La présence d’occupants anarchiques contribuait à la dégradation des infrastructures ferroviaires et augmentait les risques d’accidents », a indiqué le directeur d’études et développement de la SOPAFER-B, Mohamed Derra.
Les autorités ont appelé à une prise de conscience nationale car même si c’est l’arrondissement 3 qui est concerné aujourd’hui, le phénomène s’étend à tout le Burkina Faso.
« Nous sommes à Ouagadougou, dans l’arrondissement 3, mais ce problème concerne tout le pays. Le message s’adresse donc à tous, partout au Burkina. Toute personne installée à moins de 25 mètres d’une voie ferrée ou d’une ligne électrique doit libérer l’emprise avant que des mesures coercitives ne soient prises. Nous invitons donc toutes les personnes concernées à procéder d’elles-mêmes à une libération tranquille des emprises. C’est dans leur intérêt et dans celui de la nation », a ajouté le directeur d’études et développement de la SOPAFER-B.
Comme l’a indiqué le président de la délégation spéciale, une opération de salubrité est prévue pour la semaine prochaine afin de rendre ces espaces libérés praticables.
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Crédit photo : Bonaventure Paré
Source: LeFaso.net
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