Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, le Burkina Faso bénéficie depuis 2017 du soutien du Fonds des nations unies pour la consolidation de la paix (PBF). Le mardi 25 mars 2025, le chef de la branche de financement au siège du Bureau d’appui à la consolidation de la paix des nations unies (PBSO), Monsieur Brian James Williams, a eu une séance de travail avec le ministère de l’Économie et des finances, à Ouagadougou. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une mission en Afrique centrale et de l’Ouest, dont l’étape du pays des hommes intègres se déroule du 22 au 27 mars 2025. L’objectif principal est de renforcer l’engagement du PBSO dans la mise en œuvre des projets financés par le PBF et établir un dialogue constructif avec les autorités nationales et les partenaires.
Depuis son accession au financement du Fonds des nations unies pour la consolidation de la paix (PBF), le Burkina Faso a bénéficié de plusieurs initiatives destinées à renforcer la sécurité et réduire la vulnérabilité des populations, en particulier dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-nord, du Centre-est, de la Boucle du Mouhoun et de l’Est. Ces efforts s’inscrivent dans les objectifs du Programme d’urgence pour le Sahel (PUS-BP), étendu à l’ensemble du territoire national en décembre 2023 par décision du comité de pilotage.
Lors de la séance de travail qui a réuni la délégation des nations unies conduite par M. Brian James Williams et le ministère de l’Économie et des finances, la directrice générale du développement territorial, Madame Monique Bassénewindé Yarga/Ouédraogo est revenue sur les acquis du PBF et les défis à relever. Elle a exprimé sa reconnaissance envers les nations unies pour leur engagement, soulignant les bénéfices que le Burkina Faso en a tirés ces cinq dernières années.
Des avancées notables et des défis à relever
Selon la directrice générale, le PBF a permis des avancées notables dans plusieurs secteurs essentiels, notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable, la cohésion sociale et la formation. Toutefois, elle a également reconnu que des défis subsistent pour maximiser l’impact des interventions sur le terrain.
Elle a mis en lumière la complémentarité entre les efforts militaires déployés par l’État burkinabè pour la reconquête du territoire national, d’une part ; et les initiatives de développement soutenues par le Fonds des nations unies pour la consolidation de la paix, d’autre part. « Cette approche combinée vise à sortir le pays de sa situation de fragilité en agissant simultanément sur la sécurité et le développement socio-économique. L’accompagnement du PBF s’inscrit ainsi dans une dynamique où les actions de sensibilisation et de formation (“le soft ») se conjuguent avec des réalisations concrètes et durables (“le hard ») », a-t-elle souligné.

Vers des investissements structurants pour un impact durable
Enfin, Mme Monique Bassénewindé Yarga a insisté sur la nécessité d’orienter les financements vers des investissements structurants, capables d’avoir un impact durable sur les conditions de vie des populations. « Quand nous disons investissement structurant, nous pensons à tout ce qu’il y a comme infrastructures routières, agricoles et hydrauliques, qui sont des priorités majeures pour soutenir l’offensive agro-sylvopastorale et halieutique en cours. Mais aussi d’autres offensives qui sont actuellement en cours avec les nombreuses initiatives présidentielles », a expliqué la directrice générale du développement territorial au ministère de l’Économie et des finances. Ces investissements, en plus de renforcer la résilience des populations, contribueront à ancrer durablement la stabilité et le développement au Burkina Faso.
En consolidant cet appui, le PBF réaffirme son engagement à accompagner le pays dans la mise en œuvre de solutions durables pour relever les défis sécuritaires et socio-économiques. En effet, le PBF, notons-le, est un instrument clé des nations unies visant à promouvoir la stabilité et le développement durable. Il repose sur des axes stratégiques majeurs, parmi lesquels la réforme du secteur de la sécurité, la réconciliation nationale, le renforcement de la confiance entre les populations et l’État, la participation active des femmes et des jeunes à la consolidation de la paix, la gestion pacifique des conflits. Le soutien au nexus Humanitaire-développement-paix (HDP) et aux initiatives transfrontalières constitue également une priorité afin d’assurer une approche globale et durable à la consolidation de la paix.
Une mission d’évaluation pour maximiser l’impact
Pour le chef de la branche de financement au siège du Bureau d’appui à la consolidation de la paix des nations unies, M. Brian James Williams, l’importance du partenariat entre les nations unies et le Burkina Faso à travers le Fonds de consolidation de la paix n’est plus à démontrer. Selon lui, la paix et le développement sont indissociables, d’où la nécessité d’investir dans la cohésion sociale et dans les zones rurales. Les échanges avec le ministère de l’Économie et des finances ont ainsi porté sur les stratégies visant à assurer un développement inclusif et durable dans le pays, en mettant l’accent sur le renforcement des communautés locales et la stabilité nationale.

Au cours de sa visite, M. Brian James Williams a exprimé sa satisfaction quant aux interactions qu’il a eues avec les parties prenantes. Il prévoit de se rendre sur le terrain pour évaluer directement l’impact des projets financés par le Fonds. Conscient de la rareté des ressources à l’échelle mondiale, il a insisté sur la nécessité d’optimiser chaque investissement en faveur de la paix. Il estime par conséquent, que chaque franc mobilisé doit produire des résultats concrets et durables pour améliorer la situation des populations burkinabè.
Un rôle clé du Peacebuilding Support Office
Le Peacebuilding Support Office (PBSO), en tant que branche technique du Secrétariat général des nations unies sur les questions de consolidation de la paix, joue un rôle central dans l’opérationnalisation du PBF. Il veille à l’orientation stratégique des financements et à la coordination des actions pour un impact significatif et durable.
La visite de M. Brian James Williams au Burkina Faso témoigne de l’engagement renouvelé du PBSO à soutenir le pays dans sa quête de stabilité et de développement inclusif. En collaborant étroitement avec les autorités nationales et les partenaires, cette mission vise à optimiser l’efficacité des financements alloués et à renforcer l’appropriation locale des initiatives en faveur de la paix.
Un dialogue constructif pour une paix durable
Au-delà de l’évaluation des projets financés, la mission de M. Brian James Williams offre une opportunité précieuse pour renforcer le dialogue entre les acteurs impliqués dans la consolidation de la paix au Burkina Faso. L’enjeu est de garantir que les interventions du PBF répondent efficacement aux défis du pays et contribuent à bâtir une société plus résiliente.
Dans un contexte où la paix et la sécurité restent des priorités majeures, cet engagement accru des nations unies constitue un levier essentiel pour accompagner le Burkina Faso sur la voie de la stabilité et du développement durable.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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