Dans le cadre du FESPACO, le Fonds des nations unies pour la population (UNFPA) a organisé, ce mercredi 26 février, un panel sur le thème « Industrie cinématographique et autonomisation des femmes et des filles ». Cet événement a rassemblé des acteurs du cinéma, des experts en genre et des partenaires institutionnels pour souligner le pouvoir du septième art dans la déconstruction des stéréotypes et la promotion de comportements plus inclusifs.

Le panel a donné la parole à plusieurs intervenants aux perspectives riches et variées. Alain Akpadji, représentant résident de l’UNFPA, a rappelé que l’un des enjeux majeurs que nous devons adresser aujourd’hui concerne les violences basées sur le genre et l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive. Pour lui, sans l’implication et l’autonomisation des femmes et des filles, l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) restera hors de portée. Il a également souligné que l’industrie cinématographique est un levier stratégique. « Ce secteur offre une opportunité unique d’amplifier les voix des femmes. En explorant et en renforçant les chaînes de valeur du cinéma, nous pouvons garantir une inclusion durable et permettre aux femmes de devenir des actrices majeures de leur propre émancipation », a-t-il dit en appelant à un engagement collectif pour faire du cinéma un levier puissant pour atteindre l’objectif de zéro violence basée sur le genre d’ici.

Le représentant résident de l’UNFPA, Alain Akpadji, a indiqué que d’autres cadres d’échanges de ce genre se tiendront

Le directeur général du FESPACO, Alex Moussa Sawadogo, présent, et le ministre de la culture, représenté par son chargé de mission, Michel Saba, ont salué l’initiative qui met en lumière l’importance de l’autonomisation économique des femmes à travers l’industrie du cinéma.

« L’égalité des sexes n’est pas seulement une question de justice, c’est un impératif stratégique pour des sociétés plus prospères et résilientes », a affirmé Carol Flore Smereczniack, coordonnatrice du système des Nations unies au Burkina Faso. Pour elle, le cinéma va au-delà de l’expression artistique. « C’est un moteur de transformation sociale qui façonne les imaginaires, déconstruit les stéréotypes et ouvre de nouvelles perspectives », souligne-t-elle. Elle a proposé cinq pistes d’action concrètes. « Renforcer l’accès des femmes à toutes les étapes de la chaîne de production, garantir un financement équitable, multiplier les programmes de mentorat, créer des espaces sûrs et inclusifs et favoriser une représentation positive des femmes à l’écran. »

Pour La coordonnatrice du système des Nations unies au Burkina Faso, Carol Flore Smereczniack, le cinéma doit être un levier d’autonomisation et d’émancipation des femmes

Plusieurs pays africains ont participé à ce panel. Stéphanie Dongmo, présidente du Cinéma numérique ambulant au Cameroun, a partagé son expérience de terrain et quelques réalités de son pays. « Le cinéma est un outil de sensibilisation et de plaidoyer d’une force inestimable. En projetant des films mettant en scène des personnages féminins inspirants, nous avons observé des changements concrets de mentalité dans les communautés », pense-t-elle. Elle a aussi salué la richesse du cinéma africain. « Des films engagés, comme Bal poussière, interrogent des pratiques sociales et encouragent les femmes à prendre confiance en elles. Ces récits catalysent des transformations profondes en offrant des modèles auxquels s’identifier. »

Plusieurs pays ont été représentés à ce panel

Ce panel démontre que le cinéma ne se limite pas à une simple expression artistique, mais constitue un véritable levier de transformation sociale. Les participants sont convaincus qu’en déconstruisant les stéréotypes, en valorisant des figures féminines inspirantes et en donnant une voix aux femmes, l’industrie cinématographique participe activement à l’émancipation des femmes et des filles. Pour que cette dynamique prenne de l’ampleur, les acteurs affirment qu’il est essentiel d’investir davantage dans la formation, le financement et la visibilité des femmes dans tous les maillons de la chaîne de production cinématographique.

L’UNFPA a indiqué avoir apporté un soutien de 30 millions de francs CFA pour accompagner le FESPACO à travers un prix spécial sur les violences basées sur le genre, des stands et l’organisation de ce panel.

Farida Thiombiano

Tani Linda Combary (stagiaire)

Lefaso.net

Source: LeFaso.net