Le Syndicat national des gestionnaires des ressources humaines (SYNAGRH) était face à la presse ce mercredi 4 septembre 2019. Objectif : démentir les propos jugés « mensongers » du ministre Séni Ouédraogo sur la crise qui prévaut au sein du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale et parler des actions entreprises par le syndicat pour une sortie de crise.

Le Syndicat national des gestionnaires des ressources humaines (SYNAGRH) est remonté contre son ministre de tutelle, celui de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale, Pr Séni Ouédraogo. Et pour cause, le ministre aurait affirmé sur la chaine de télévision Burkina Info qu’il n’existe pas de protocole d’accord entre le SYNAGRH et le gouvernement et qu’il n’a jamais reçu d’instruction de ses supérieurs pour entreprendre des négociations avec le syndicat.

Pourtant, selon Tanama Yassya, adjoint chargé de la formation syndicale du SYNAGRH, un protocole d’accord a bien été signé entre les deux parties le 4 août 2017. Un protocole qui reconnait la nécessité pour les deux parties de renforcer les capacités du ministère en charge de la fonction publique et les directions des ressources humaines en infrastructures, équipements et de motivation du personnel. Sur la question de motivation du personnel, un groupe de travail devait être mis en place avant fin 2017.

Mais selon M. Tanama, jusqu’en mai 2019, le groupe de travail n’était toujours pas constitué. Le syndicat aurait alors écrit au Premier ministre qui l’a rassuré que le ministre Séni Ouédraogo a reçu instruction de mettre en place le groupe de travail. Ce qui sera fait en juin 2019.


Les travaux du groupe devaient alors débuter le 24 juin 2019 avec un délai de 10 jours pour mener les travaux. « Cependant, ce même jour, à 30 minutes du début des travaux, nous avons reçu un appel téléphonique du secrétaire général du ministère de la Fonction publique reportant les travaux à une date ultérieure sans motif. Depuis cette date, nous assistons à une campagne de menace, de dénigrement et d’acharnement du ministre Séni Ouédraogo contre les GRH », dénonce le syndicat dans sa déclaration liminaire.

En outre, le ministre aurait dans une interview accordée à la chaine de télévision BF1, le jeudi 29 août 2019, étalé le contenu du document devant servir de base aux négociations et les calculs qu’il a faits sur le plateau seraient « faux et les données volontairement tronquées ». Puis il aurait fait savoir que ses collègues, les ministres Ouaro et Dandjinou ont mené des concertations avec le SYNAGRH sans succès à cause de « l’intransigeance » du syndicat.

Ce qui « n’est pas vrai », démentent les conférenciers du jour. En effet, M. Tanama affirme que le ministre Dandjinou n’est jamais entré en contact avec le SYNAGRH. Pour ce qui est du ministre Ouaro, c’est suite au refus du ministre Séni Ouédraogo de négocier avec les GRH, que le gouvernement s’est engagé à renouer le fil du dialogue. Le ministre Ouaro aurait alors noué contact avec le SYNAGRH, lui demandant de lui transmettre des propositions pour examen.

C’était en l’absence du ministre de la Fonction publique qui était hors du pays. « Des informations qui nous reviennent, c’est qu’à son retour, il a retiré le dossier des mains du ministre Ouaro avec la promesse de rencontrer le SYNAGRH pour le début des négociations, mais jusque-là rien et ce, malgré les instructions du conseil des ministres.

Les actions des GRH pour une sortie de crise

Selon Souleymane Zoromé, secrétaire général du SYNAGRH et ses camarades, depuis le début de la crise au ministère de la Fonction publique, le syndicat n’a cessé d’entreprendre des démarches pour faire venir le ministre Séni Ouédraogo à la table des négociations.


Au nombre de ces actions, le syndicat affirme qu’une vingtaine de directeurs des ressources humaines de plusieurs ministères tentant maintes fois de rencontrer le ministre en vain, lui aurait adressé une correspondance dans laquelle il l’invite au dialogue. En représailles, Séni Ouédraogo aurait demandé à ses collègues ministres de relever les DRH signataires de la correspondance.

Le SYNAGRH affirme également que les gestionnaires des ressources humaines de différents ministères ont rencontrer leurs ministres de tutelle pour qu’ils interviennent auprès de leur collègue pour la reprise du dialogue. Sans succès.

C’est au regard donc de cette situation, que le SYNAGRH dit interpeller une fois de plus le gouvernement sur la crise au sein du ministère en charge de la Fonction publique. Une crise qui, selon le syndicat, porte préjudice aux fonctionnaires nouvellement admis à la retraite, et à ceux qui attendent leur reclassement ou leur avancement au nombre de 10 000 environ, même si ce n’est pas l’objectif de leur combat.

C’est pourquoi les conférenciers disent vouloir « croire que cette conférence de presse sera le déclic pour la reprise du dialogue afin d’aboutir à un consensus et à un apaisement du climat social au ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale dans les meilleurs. » Et surtout que le ministre Séni Ouédraogo travaille à la mise en œuvre du protocole d’accord ou à défaut qu’il « cède sa place à un autre ministre qui serait prêt au dialogue. », indique Souleymane Zoromé, secrétaire général du SYNAGRH.

Justine Bonkoungou

Lefaso.net

Source: LeFaso.net