« Rôle et place de l’administrateur civil dans l’architecture administrative au Burkina : état des lieux et perspectives ». C’est autour de ce thème que l’Union nationale des administrateurs civils du Burkina Faso (UNABF) a tenu ce jeudi 1er août 2019 à Ouagadougou, la première journée nationale de l’administrateur civil burkinabè. La dite journée entend affiner la réflexion sur la promotion du corps des administrateurs civils burkinabè. Ce, pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans l’architecture administrative de l’Etat.


Au menu de cette première journée dédiée à l’administrateur civil burkinabè, des réflexions sur son rôle et sa place dans l’architecture administrative. Dans la pratique, explique le président de l’UNABF, Seydou Millogo, l’administration publique burkinabè demeure confrontée à des problèmes structurels et fonctionnels qui limitent son efficacité. « Le bon fonctionnement de toute administration est en partie tributaire de ses ressources humaines. Cependant, on constate une gestion peu performante marquée par l’inadéquation de l’allocation de la ressource humaine qui met certainement en péril, les compétences des personnels de certains emplois tels que celui du corps des administrateurs civils », a noté Seydou Millogo.


La conséquence, poursuit le président de l’Union nationale des administrateurs civils du Burkina Faso, c’est que le corps des administrateurs civils est de plus en plus méconnu aussi bien de l’opinion publique que des décideurs qui réduisent sa place et son rôle dans les circonscriptions administratives et au sein du ministère de l’Administration territoriale. D’où l’institution de la présente journée qui, dit-il, permettra de faire face aux défis et de restaurer le corps.


Quid du devenir de l’administration publique ?

Sur la question de la méconnaissance du corps de l’administrateur civil par l’opinion publique à celle de sa restauration ou de son positionnement dans l’administration publique, le ministre de la Fonction publique, le Pr séni Ouédraogo, clame : « De tout ça, il n’en est rien ». Puis de soutenir : « L’administration publique qui doit être le socle de notre Etat est en crise dans tous ces compartiments et cette crise est en partie tributaire du modèle d’organisation administratif que nous avons actuellement, un modèle construit autour d’une scissiparité des métiers et des emplois, laquelle scissiparité tend à détruire le tissu social (…) ».


Ainsi, relève Séni Ouédraogo, le modèle administratif burkinabè, hérité du modèle français, qui accordait une place de premier choix à certains corps (administrateurs civils, ingénieurs des ponts et chaussées, etc.) a bien évolué. « Nous avons choisi un modèle qui est le nôtre. Nous avons créé des corps de métiers, on a exacerbé les revendications catégorielles et finalement, on est dans une sorte d’apartheid administratif. Chaque corps estime qu’un privilège de traitements doit lui revenir et dans ce privilège, il faut se tailler la plus grande part du gâteau. C’est dans cet environnement de conquête inlassable de la petite part des ressources burkinabè que chaque corps s’interroge sur sa connaissance de l’opinion publique et sur sa volonté de se restaurer. Plutôt que ces revendications catégorielles et sectorielles, le défi qui nous attend, c’est que nous devons penser à l’Etat ».


Pour lui, il faut plutôt s’interroger sur le devenir de l’administration burkinabè et ce d’autant plus que la professionnalisation ultra-poussée est en train de montrer ses limites. « L’administrateur civil qui pouvait circuler dans toute l’administration, être préfet, se retrouver gestionnaire des ressources ou Secrétaire général d’un ministère est en train de disparaitre parce que chaque corps estime que certaines fonctions lui sont réservées ; même les admirateurs civils qui représentaient la passerelle entre tous les canaux de l’administration se sont laissés rattraper par le piège de la scissiparité parce qu’on estime par exemple que la fonction de préfet doit être réservée aux administrateurs civils », a-t-il commenté, avant de conclure. « Ce qui doit valoir, c’est la compétence parce que quand on compétent, on est destiné à une fonction prédéterminée ».

Nicole Ouédraogo

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Source: LeFaso.net